HAYET LAYES

danseuse

"Danser convoque et rassemble mes territoires intérieurs, j'en explore la pulsation métisse."

 

A 14 ans, je découvre lors d’un unique voyage la danse bédouine du « Nakh », « la danse des cheveux », dans ma région natale de l’Oued Souf, pays des palmiers dattiers. Exaltée par les tambours et les chants, je regardais fascinée les jeunes femmes ondoyant l’espace de leur cheveux par la rotation souple de leur nuque, jusqu’à la transe. J’entrais avec elles dans l’état de danse. Plus tard, dans les soirées où je m’auto proclamais la fille de James Brown, me reconnaissant dans son énergie de danseur, j’improvisais quelques pas. Le rythme locomotif de la soul soulevait mon inhibition adolescente qui faisait ressurgir cette danse du « Nakh » que j’avais emportée avec moi d’Algérie puis oubliée.

Rétrospectivement, je dirais que c’est dans les études que je perds de vue mon corps et que ma pensée naît et prend le pas dans le giron des sciences humaines et sociales. Comme un centaure, une dualité puissante entre l’intellect et le physique s’est installée. Mais grâce aux rencontres dans la danse et notamment celles avec les adolescents en souffrance psychique en Seine saint Denis, j'ai appris à faire confiance à mon corps comme lieu de connaissance et à me laisser guider par ma pensée arborescente et sensible. Être avec l’adolescent est, pourrais-je dire, une mise en translation. C'est ce qui se transforme en vous déplaçant, voire en vous débusquant là où l’on croit se dissimuler, exigeant de vous une authenticité inconditionnelle. Ces idées et expériences, je les ai rassemblées dans un mémoire : Corps Social et métissage(s), mise en perspectives chorégraphiques, etayées par une pratique toujours plus intense de la danse contemporaine, de l’improvisation, du Yoga et du Feldenkraïs.

J’ai participé à des créations de chorégraphes en tant qu’amateur avec Alban Richard dans Forevermore, avec Eun Me Ahn dans 1’59, auprès de Nadine Beaulieu en se basant sur sa pièce Entre chien et loup et aujourd’hui avec Laetitia Marie et Yannis Zoughailech sur le projet GROS pour lequel je m’ouvre pour la première fois avec eux au travail de composition.

 

Les oseurs

 

07 82 60 18 12

photos créditées par :

@Jon Whoami Créations

@ Slash Point Haut